2026-1
Former les moins qualifiés.
Les constats ambivalents du PIC
21,50 € – 23,00 €
Introduit en France en 2018, le Plan d’investissement dans les compétences repose sur le pari de la formation professionnelle pour améliorer la qualification des chômeurs et des jeunes en difficulté sur le marché du travail. Cet article veut combler un vide dans les travaux d’évaluation conduits : explorer le cadre doctrinal et les logiques d’action du PIC. A posteriori, il semble que le PIC a reposé sur trois référentiels de l’action publique : la politiques de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’insertion. À l’évidence, c’est le modèle de l’insertion qui s’est imposé dans ce plan avec la multiplication des dispositifs préparatoires à la formation qualifiante. Un plan pour former à former qui reporte à plus tard l’enjeu de la qualification. Cet article développe une approche critique de ce choix qui doit beaucoup aux circonstances ayant vu naître ce plan.
Cet article analyse l’expérimentation des Parcours intégrés dans les Hauts-de-France, dispositif mis en œuvre dans le cadre du Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC). Il vise à articuler formation préqualifiante et qualifiante dans une logique de « sans couture ». Il examine les modèles de mise en œuvre, les publics ciblés et les effets en termes d’accès à la certification. Les résultats montrent des taux de diplomation élevés pour les stagiaires allant au terme du parcours, tout en soulignant les limites liées au temps long, à la fragilité des publics et à l’articulation avec le système d’orientation.
En France, un vaste secteur de formation s’est développé pour accompagner des publics en difficulté vers l’emploi ou des formations qualifiantes. Les auteurs font l’hypothèse que ce secteur de la préqualification fonctionne non pas uniquement comme un sas linéaire vers la qualification mais comme un espace intermédiaire aux fonctions multiples, dont les usages dépendent étroitement des contextes territoriaux, de l’organisation des organismes de formation, des trajectoires et caractéristiques des publics.
L’article examine un dispositif d’insertion professionnelle des réfugiés couplant préformation et qualification. Ce couplage a pour mérite de connecter la préformation aux logiques opérationnelles de l’entreprise. Pour autant, il ne garantit pas l’obtention d’une qualification par les réfugiés. Le travers de de l’étape de préformation au sein du dispositif est qu’elle s’opère en laissant presque inchangée la phase de qualification proprement dite.
Cet article analyse les transformations contemporaines du champ de l’insertion socioprofessionnelle à travers l’étude du dispositif expérimental Double A, déployé dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) 100 % Inclusion. S’appuyant sur une enquête qualitative pluriannuelle (observations participantes, entretiens et focus groups), la recherche interroge le glissement des postures professionnelles vers une logique de coaching, révélatrice d’un changement de paradigme de l’action publique. L’analyse montre comment l’hybridation des politiques d’activation et la diffusion du New public management imposent une rationalisation gestionnaire des pratiques qui favorise l’émergence d’une injonction à l’autonomie et à l’auto-efficacité, tendant vers une psychologisation du social.
Vingt ans après la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, l’accès à la formation des personnes en situation de handicap reste limité. Si le Plan d’investissement dans les compétences a facilité leur accès via des dispositifs préparatoires souples et individualisés, l’offre qualifiante demeure inadaptée. Dans un contexte de réductions budgétaires, cet article interroge la capacité du droit commun à intégrer ce public. À partir d’évaluations récentes, il montre comment les dispositifs spécifiques favorisent l’accès à la formation tout en risquant de se substituer au droit commun.
Certains demandeurs d’emploi ont besoin, avant de pouvoir s’inscrire dans un parcours de formation et de retour à l’emploi, d’acquérir des compétences transversales. C’est à leur attention que sont proposées des formations de remise à niveau. En 2023, elles représentent 8 % de l’ensemble des entrées en formation des demandeurs d’emploi. Cette étude est réalisée à partir de données du « Fichier national des allocataires ». Les résultats montrent que les formations de remise à niveau sont variées, de courte durée et qu’elles bénéficient davantage à des demandeurs d’emploi plus âgés, moins diplômés, sans droit ouvert à l’assurance chômage. Environ un tiers donne lieu à une mise en parcours, majoritairement vers une formation du même type, moins fréquemment vers une formation certifiante.
Le dispositif « service d’intérêt économique général » compétences-clés, instauré dans les Hauts-de-France, propose notamment des formations de remise à niveau des savoirs de base dans l’optique de favoriser l’insertion sociale et professionnelle de ses bénéficiaires. Ces actions sont animées par des formateurs « compétences-clés ». Dans une visée compréhensive, cette contribution s’intéresse aux spécificités de leur professionnalité et aux défis qu’elle représente.
L’article présente les résultats d’une recherche conduite sur l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » qui garantit un CDI à temps choisi et sans sélection à toute personne privée durablement d’emploi. L’expérimentation déplace la centralité de la formation dans l’insertion vers une logique de mise au travail immédiate, accompagnée d’un soutien social renforcé. Elle met en lumière une formation invisible mais réelle, qui se déploie dans le travail, le collectif et l’accompagnement social.
La thématique du « savoir-être » constitue une rhétorique bien répandue dans les missions locales et désormais au sein des lycées professionnels. Alors que les professionnels exerçant en LP s’investissent rarement dans l’accompagnement des élèves à l’emploi, ils insistent sur l’importance de former ces derniers au « savoir-être » dont la finalité semble surtout répondre aux enjeux d’obtention du diplôme. De leur côté, les missions locales ont surinvesti les notions de « savoir-être » et de compétences sociales pour installer une insertion sociale comme préalable à l’insertion professionnelle. Une mise en perspective des recherches portant sur ces compétences, puis une mise en miroir entre l’expérience des élèves de LP et celle des jeunes fréquentant les missions locales, offrent la possibilité d’en identifier les enjeux et les écueils.
Destiné dès sa création aux apprentis, aux jeunes travailleurs et aux élèves, le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) est devenu au fil des années l’emblème de la qualification ouvrière avant d’être réduit dans les années 1970 au statut de plus petit diplôme délivré par le ministère de l’Éducation nationale. Instrument de politiques publiques qui l’ont mobilisé pour augmenter le niveau d’éducation, gérer des flux scolaires, puis pour certifier les publics les plus fragiles dans le système éducatif comme sur le marché du travail, il joue encore un rôle notable auprès des actifs. S’il offre encore à ses titulaires certaines garanties de protection sur le marché du travail, celles-ci se sont affaiblies sous l’effet des mesures qu’il a subies, souvent contradictoires, de la hausse généralisée du niveau d’éducation de la population et de la concurrence qu’elle impose pour accéder à l’emploi.
Les formations qualifiantes postscolaires de premier niveau apparaissent comme le produit d’un ordre juridique national qui reconnaît un droit d’accès et de progression en qualification, soutenu par une architecture de certifications et par des dispositifs mais aussi d’un dispositif institutionnel éclaté, où la réalisation concrète de ce droit reste tributaire d’arbitrages territoriaux et de financements souvent fragilisés ou croisés. Il en résulte un droit dont l’effectivité demeure inégale et qui expose les individus à des différences notables d’accès selon leur territoire de résidence et la capacité de leur région à mettre en œuvre et à financer ce droit.
Les dispositifs d’emploi, d’insertion et de formation des publics peu qualifiés, conçus dès les années 1980 dans une logique d’accès ou de retour rapide à l’emploi, ont montré leurs limites et leur inefficience. La politique mise en œuvre a généré un système de formation continue qui a perdu ses repères promotionnels, culturels et sociaux, sans pour autant s’avérer efficace sur le plan de l’emploi. Les formations qualifiantes de base ne répondent pas à la situation de millions de chômeurs de longue durée ou de bénéficiaires du RSA, de jeunes désocialisés, de migrants en panne d’intégration ou de travailleurs handicapés. Elles ne répondent pas non plus aux enjeux du rapport au travail qui ne cesse de se dégrader. Ce double échec nécessite une refondation de la politique d’insertion et de formation des publics prioritaires de l’action publique.
Cet article s’intéresse à l’appropriation de la réforme 2015 des études initiales en masso-kinésithérapie par la direction d’un institut de formation. Il mobilise la théorie de l’acteur-réseau. Les résultats montrent un triple processus d’appropriation. Le premier consiste en une appropriation proactive du cadrage national de la réforme. Les deux autres se caractérisent par une traduction locale de la formation professionnelle universitarisée opérée auprès des formateurs par trois approches complémentaires : instrumentale et dialogique, organisationnelle et socioculturelle (rubrique « Varia »).
Le compte personnel de formation est certainement le dispositif le plus emblématique de l’évolution de notre système de formation continue. Il résulte d’une longue période « d’émancipation » de la loi de 1971 qui était devenue le socle d’un système bureaucratisé, inégalitaire et peu efficient. Or, en voulant dépasser cette architecture complexe, les réformes entamées à partir des années 1990 ont plutôt amplifié les défauts du système en place. Elles se sont notamment attachées à valoriser le concept brumeux d’individualisation de la formation. Du microscopique congé individuel de formation (CIF) à l’actuel CPF qui a balayé toute forme d’intermédiation, les interprétations de l’individualisation en formation ont été nombreuses mais elles ont toutes échoué à relancer une véritable ambition collective favorable aux moins qualifiés mais également aux priorités économiques (rubrique « Focus »).
Former des professionnels citoyens
grâce à l’apprentissage.
14,00 €
2024-4
Les formations en santé.
21,50 € – 23,00 €
2022-4
Formation, coopération, émancipation. Expériences en économie sociale et solidaire
18,00 €
2021-3
Didactique professionnelle et didactiques des disciplines. Filiations et ruptures
18,00 €
2019 HS AFPA
Partir des compétences transversales pour lire autrement le travail
12,00 €
2018 HS AFPA
Le conseil en évolution professionnelle : rupture ou continuité ?
12,00 €
2015 HS AFPA
Quelles pratiques pédagogiques dans l’accompagnement des publics peu qualifiés ?
12,00 €