Revue internationale de référence en formation des adultes fondée en 1969.

N°237

2023-4
L’espace comme condition de l’expérience

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Laurent DUCLOS : L’espace comme condition de l’expérience (Éditorial)

La question du temps a fait l’objet d’importants développements en sciences de l’éducation. L’espace, à l’inverse, n’est jamais devenu l’objet intentionnel d’un savoir véritablement structuré dans ces disciplines. Un certain nombre de travaux a pourtant concerné les « milieux associés » à la formation, et convoqué tout un ensemble de notions a priori solidaires de la notion d’espace. Il en est ainsi des notions de situation ou d’environnement qui composent le noyau dur de la didactique professionnelle, mais sans que leur composante spatiale ait toujours été clairement identifiée. L’article explore les relations qui s’établissent entre les usages de l’espace et sa constitution même, en tant qu’espace potentiel de développement. Il examine notamment la manière dont la spatialité peut être partitionnée – c’est-à-dire soumise à des processus orientés – dans l’intention d’occasionner des apprentissages et de construire l’expérience du sujet.  

À partir de la pratique pédagogique d’un atelier d’apprentissage de la conception architecturale en première année des études d’architecture, l’article contribue à la réflexion collective sur les relations croisées entre les apprentissages et leurs lieux. Le détail d‘un exercice d’autobiographie environnementale, de son cadre pédagogique, de son déroulement, de ses attendus, de ses arrière-plans théoriques, permet d’entrer dans le détail des critères d’appréciation et d’analyse des qualités, et significations, de nos liens aux lieux et milieux. Il s’agit pour les futurs architectes de se défier d’une approche trop ustensile, fonctionnaliste et positiviste, de leurs interventions, et aussi, d’une manière qui peut sembler paradoxale, de reconnaître les parts de modération, de ménagement, voire de non-intervention, qui peuvent aussi être mises en débat.

L’article conceptualise la relation qui peut s’installer entre un espace, la cabane itinérante, et son hôte comme donnée fondamentale d’une pédagogie (à partir) de l’abri. Celle-ci sera abordée à travers trois perspectives. Se laisser abriter : une hospitalité reçue par une cachette professionnalisante qui va définir la trajectoire et la posture de l’éducateur. Abriter de : interroger l’aménagement des espaces et la technicité fonctionnelle en gardant ouvert un espace des possibles. Abriter envers : envisager une politique d‘animation territoriale qui trouve son point de départ dans une spatialité sanctuaire plus que dans une série d’activités à administrer auprès d’un secteur.

Quelle est la relation à l’espace dans les pratiques d’accompagnement ? N’y a-t-il pas une opportunité à explorer cette question compte tenu des processus de désaffiliation observés (publics dits invisibles). L’auteur définit ici l’espace comme la relation nouée avec ce qui nous entoure en montrant la dimension créative qu’il permet. à partir de l’analyse d’observations de terrain et le recueil de témoignages, il analyse les impacts du changement de lieu sur les personnes accompagnées. S’ouvre un autre espace d’inventivité permettant aux personnes, à certaines conditions, d’investir un lieu pour y mettre quelque chose d’elles, en s’ouvrant ainsi à des opportunités. L’article présente enfin un modèle fondé sur sept dimensions permettant d’expérimenter des formes d’accompagnement à faible structuration formelle et à forte inventivité circonstancielle, afin de remettre du jeu et de l’interaction dans des processus menacés de standardisation.

Les espaces dédiés au travail constituent le poste de dépense le plus important après les salaires dans le tertiaire. Ces coûts sont aisés à calculer, contrairement à la valeur des espaces de travail comme « actants » de la performance des configurations productives tertiaires. En effet, les concepts et les outils de gestion disponibles ne permettent pas d’éclairer les conditions d’appropriation d’un enrichissement de leur contribution, en tenant compte des technologies, de l’extension du télétravail comme des attentes d’équilibre et d’autonomie des travailleurs. Les exigences de réduction des dépenses prennent le pas, conduisant à des offres qui se veulent optimisées, mais qui se révèlent peu habitables. Faire venir les salariés dans des espaces collectifs est une condition d’enrichissement des capacités productives par l’expérience de la coopération. Cela requiert des occupants une maîtrise d’usage des lieux de leur travail. S’ils permettent et facilitent l’appropriation, les agencements et les aménagements peuvent y contribuer. Invisibles et souvent mal valorisés comme des prestations techniques, ces services sont aujourd’hui le maillon faible de la contribution des espaces à la performance.

La question des espaces se pose dès qu’est évoquée la question de l’apprentissage car nous investissons d’autres façons d’apprendre : du numérique intégré, des prati-ques diversifiées d’auto-apprentissage et un rôle accru des temps et des lieux informels. Il s’agit pédagogiquement d’anticiper l’usage des lieux pour y accueillir des pédagogies actives et interactives, y intégrer intelligemment le numérique, et créer ainsi un autre design spatio-temporel dans un espace devenu fluide. L’espace fonctionne comme un « troisième enseignant », modalité de facilitation des scénarios pédagogiques.

Cette étude explore comment la dynamique interactionnelle éclaire la dynamique des espaces à l’œuvre dans la construction d’environnements individuels d’apprentissage des langues par des adultes engagés dans un dispositif hybride qui articule un environnement institutionnel d’apprentissage et le wild. Elle interroge ainsi la conception de formations dans l’apprentissage des langues tout au long et au large de la vie dans des espaces multiples et évolutifs.

Cet article présente un dispositif de formation des enseignants ancré sur un usage détourné du théâtre-forum, envisagé comme un artefact susceptible d’accompagner le développement professionnel. Le théâtre-forum permet de remettre en jeu(x) des situations vécues en classe. Il crée un espace dramaturgique au sein duquel les participants cherchent à résoudre des problèmes de métier en explorant des possibles d’action. Lieu d’une enquête collaborative, il constitue un espace potentiel d’apprentissage et de développement pour les enseignants.

La viticulture française fait face à de nombreuses mutations socio-environnementales. Les vignerons doivent s’adapter, voire repenser le fonctionnement des dispositifs traditionnels de production. Dès lors, ce sont les parcelles en marge des cadres dominants qui semblent offrir des solutions : pour expérimenter de nouvelles pratiques et porter un regard critique sur ces cadres mêmes. À partir d’une ethnographie auprès de vignerons en Vallée du Rhône Nord, l’article propose d’analyser ces espaces comme des « hétérotopies » (Foucault, 2004).

En formation professionnelle, la circulation entre différents espaces de formation est considérée comme favorisant les apprentissages, et les nombreux dispositifs en alternance l’organisent. L’auteure s’intéresse à un dispositif de formation s’effectuant en grande partie en situation de travail, et qui prescrit une circulation hebdomadaire entre plusieurs espaces de production-formation, comme condition de l’expérience de l’apprentissage du métier de maraîcher.

Cet article analyse l’usage et les fonctions de l’espace en formation. Après avoir précisé la notion d’espace dans son champ notionnel, l’auteure propose trois situations de formation et d’intervention lui permettant d’expliciter des conceptions pédagogiques qui, même si elles restent insues, n’en sont pas moins agissantes dans la manière de construire la relation aux apprenants. Elle aborde l’espace non pas comme une notion topographique mais comme une notion « investie », qui contribue au développement d’un travail vivant. Cette conception phénoménologique de l’espace la conduit à faire l’hypothèse de la nécessité d’une polyspatialité pour développer un travail de pensée en formation.

L’espace associatif des écoles de commerce est présenté comme lieu d’une formation, par la pratique, à la gestion. Cet article montre en quoi il est aussi celui d’une transformation silencieuse des individualités, à partir d’une réflexion sur la spatialité. Celle-ci permet de comprendre le processus de sélection et de socialisation à l’œuvre, son caractère pédagogique et ses effets sur les étudiants. Ce papier met en évidence le mécanisme d’une occultation sociale dans et par cet espace social, de représentation et de jeux, utile à ces futurs managers.

Les restaurants d’application sont des espaces scolaires dédiés à la formation professionnelle. Bien qu’ils soient construits et équipés comme en entreprise, l’enjeu pour l’enseignant est de les aménager pour que les mises en situations professionnelles proposées soient des expériences effectivement apprenantes. Pour mieux comprendre le rôle joué par l’enseignant dans ces espaces, cet article s’intéresse aux gestes hybrides mobilisés entre monde scolaire et monde professionnel et aux différentes conceptions de l’espace qu’ils convoquent.

Cette recherche questionne l’efficacité d’une formation sur le lien entre espace, corps et interaction verbale chez des enseignantes novices en difficulté interactionnelle. Les auteures envisagent l’espace comme un espace dynamique et pluriel, à appréhender en termes de multimodalité de la communication interactionnelle : en quoi est-il un outil pour agir qui peut se révéler être outil de médiation tout autant qu’outil entravant la relation interactionnelle entre enseignant et élèves ?

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