Revue internationale de référence en formation des adultes fondée en 1969.

N°176

2008-3
Peut-on apprendre à anticiper ?

10,00 

Jean-Pierre BOUTINET

Penser l’anticipation dans sa (ses) crise(s)

L’actuelle mutation des temporalités tend à mettre de côté la question des anticipations, considérée comme tabou au sein de sociétés postmodernes se mettant à douter de leur avenir. Les anticipations cognitives sont délaissées au profit des anticipations opératoires, mais bien souvent, ces dernières avoisinent le déni en substituant à la figure du projet et de l’incertitude qui l’accompagne, celle de l’agenda aux allures très déterministes. Cette question de la crise des anticipations est d’ailleurs au centre du couple éducation/formation : à une attention portée sur l’éducation des jeunes tournée délibérément vers l’avenir, on a substitué une priorité accordée à la formation des adultes centrée sur le moment présent. Faute d’avenir à décliner, l’adulte se trouve aujourd’hui confronté à son propre devenir. Cette crise dans les anticipations est à appréhender plus finement en une pluralité de crises, depuis la difficulté d’esquisser l’une ou l’autre forme d’avenir au sein d’un environnement chaotique jusqu’à la valorisation des anticipations défensives de la prévention et de la précaution en passant par l’hypertrophie du moment présent.

 

Benoît FROMAGE

Cadre pour une clinique de l’anticipation

L’anticipation est présentée ici sous l’angle phénoménologique, comme une capacité du sujet à générer son propre espace d’action au futur et dans le présent. L’anticipation individuelle devient la capacité à lancer dans le futur des formes de soi-même que l’individu aspire et refuse de devenir. La conflictualité inhérente à ces formes, ici nommées « alias » ou « projets existentiels », dans les travaux de Berta est à l’origine des choix et des conduites concrètes de l’individu. L’application de l’épreuve d’anticipation à deux situations permet de préciser comment l’anticipation comme vécu se distingue de l’anticipation comme planification. Elle est au fondement des dynamismes internes ; sa prise en compte devient donc le préalable à de nombreuses interventions.

 

Christian HESLON

S’orienter dans le transitoire au fil de l’âge : de l’anticipation à l’opportunité

Le conseil en orientation fut d’abord une pratique anticipatoire, jusqu’à ce que le chaos vocationnel des années 1980-1990 ne l’infléchisse vers la récapitulation des compétences et de l’expérience. Mais s’orienter aujourd’hui dans le transitoire des carrières actuelles sollicite autant la disposition à devenir que l’anticipation de l’avenir. Il convient alors d’esquisser une théorie de l’opportunité, comme alternative contemporaine à l’orientation par projet.

 

Laurence COCANDEAUBELLANGER

Les femmes faces à leur devenir : peuvent-elles anticiper la conciliation de leurs activités familiales et professionnelles ?

Aujourd’hui, de nombreuses femmes s’engagent à la fois dans une activité professionnelle et dans une activité familiale, sans réduire l’une au profit de l’autre. Au quotidien, cela représente une charge de travail importante, caractérisée par la deuxième journée de travail domestique après la journée de travail professionnel. Cet article présente un questionnement autour de la façon dont ces femmes anticipent ou non leur conciliation entre le travail et la famille.

 

Bertrand BERGIER

« La sortie de rue », ou comment s’affranchir des prédictions ?

Désencombré des postulats idéologiques de l’insertion, l’auteur s’efforce de comprendre comment des hommes et des femmes passent d’un mode d’existence marginal à un mode d’existence qui satisfait aux canons économiques et sociaux dans une société donnée, à une époque donnée. L’article regarde plus précisément comment ils s’affranchissent des prédictions et d’un destin scellé par avance.

 

Jean-Yves ROBIN

Accréditation, validation, habilitation : pour quelle prévision et contre quelle improvisation ?

Les organisations ont de plus en plus de difficultés pour décliner le dessein d’un projet collectif. Les discours institutionnels s’effacent comme si le politique n’était plus en mesure d’indiquer la voie ou de définir un cap. C’est dans ce contexte que se sont multipliées les procédures de contrôle. Ces postures défensives anticipent le pire. Elles participent à l’institutionnalisation de nombreuses mesures préventives. Elles phagocytent bien des entreprises individuelles qui pourraient générer d’éventuelles innovations. Et pourtant, des leaders, des acteurs du quotidien s’engagent, prennent des initiatives et, par là même, des risques. Ils montrent ainsi combien toute anticipation offensive repose sur des convictions, des finalités ou des valeurs qui ne peuvent être confondues avec l’horizon borné du budget prévisionnel ou de la comptabilité analytique.

 

Michel LEBELLE

Le retournement démographique, un prétexte pour anticiper la gouvernance des savoirs et des compétences

Le départ massif en retraite des papy boomers, qui constituent une grande partie de la richesse des entreprises, questionne la pérennité des savoirs. En effet, malgré l’évolution des savoirs et des technologies, les savoirs expérientiels, les savoirs de représentativité, les savoir-agir et les savoirs de terrain sont majoritairement détenus par des seniors, tant dans le public que dans le privé. Il est probable que, dans de multiples secteurs d’activités, un nombre important de salariés seniors soit porteur de savoirs dit critiques, voire stratégiques. L’enjeu pour les organisations est « bien » de repérer, autour de ces départs, ce qui pourrait altérer leurs capacités à répondre à leurs missions présentes et futures. Une posture de vigilance est plus que conseillée ; elle peut se concrétiser notamment par une analyse des risques autour d’un panel significatif de porteurs de savoirs sensibles. Chaque entreprise, chaque institution, chaque territoire sera sans doute amené à peser et à mesurer le poids et la valeur des savoirs détenus par les seniors, mais plus largement par les personnels situés sur des postes-clés.

 

Benoît RAVELEAU

Diriger une PME : une anticipation impossible ?

La première partie de cet article fait état des principaux résultats d’une étude consacrée à la manière dont douze dirigeants de PME gèrent leur temps. On y observe des dirigeants très accaparés et répondant à des urgences tout en exploitant des opportunités perçues ; leur activité est non seulement fractionnée en épisodes courts, mais faiblement anticipée. La deuxième partie permet de sortir d’une approche objectivante et d’envisager des réflexions interprétatives certes plus spéculatives mais qui procurent une certaine densité à l’analyse. On y découvre que les dirigeants sont non seulement des stratèges mais aussi des « fabricants de sens » (Mispelblom-Beyer, 2006). C’est ici que le dirigeant-visionnaire joue tout son rôle. Il indique un cap, un horizon vers lequel tendre. La dernière partie aborde sous forme d’interrogations, les questions que pose la mise en oeuvre d’une éducation à l’anticipation pour les dirigeants de PME.

 

Marie-Thérèse NEUILLY

Prévention et précaution, de préférence à prévision et prospective

Un nouveau « principe » organise les relations sociales par rapport à la science et la technologie : le principe de précaution, qui impose ses contrôles et ses contraintes. Selon Ulrich Beck, la modernisation réflexive qui remplace la société industrielle génère et fait prendre conscience de risques d’une tout autre ampleur que ceux des siècles précédents. La prévention va mettre en place des moyens pour contrer les risques connus. Dans les situations marquées par l’incertitude et la controverse scientifique face à l’innovation technologique, le principe de précaution s’applique. C’est l’une des manifestations du « principe de responsabilité ». Dans cette « société du risque », la prudence, la prévention, la précaution vont de pair avec la prévision, la prospective, le projet, dans une dimension d’anticipation, alternant entre défiance et confiance.

 

Jacques AUBRET

Les diplômes : passerelles et impasses

Passerelles pour le futur, les diplômes peuvent devenir paradoxalement des obstacles lorsque la quête légitime de diplômes se transforme en comportements de fuite en avant ou de gestion par essais et erreurs des apprentissages ou devient l’objet d’une capitalisation non contrôlée. Ne pas s’interroger sur l’après-diplôme relève d’une valorisation du court terme parfois au détriment de projets à plus long terme. Le système de formation est structuré autour d’une logique de la réussite aux diplômes. L’article examine comment cette logique devient une impasse pour ceux qui n’obtiennent pas le succès escompté ou qui fondent un espoir démesuré dans la certification de leurs acquis et comment faire évoluer un système hérité d’une société relativement stable, dans laquelle la possession d’un diplôme rendait totalement prédictible le devenir de son titulaire.

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