Revue internationale de référence en formation des adultes fondée en 1969.

N°232

2022-3
La formation aux marges de l’emploi

21,50 23,00 

Emmanuelle CHABBERT, Frédéric REY, Carole TUCHSZIRER : Du salariat aux marges de l’emploi : quel changement de paradigme pour le système de formation professionnelle ?

Ce dossier d’Éducation permanente a pour point de départ un séminaire réalisé en 2021, réunissant plusieurs chercheurs du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE, CNAM/CNRS) impliqués dans des travaux relatifs à la formation professionnelle, chacun abordant le sujet sous des prismes variés. À  partir de leurs contributions, mais également de celles sollicitées pour compléter le panorama, ce dossier met en lumière les innovations majeures qui ont caractérisé les deux dernières décennies, dans les réformes adoptées et les politiques conduites, mais également dans les pratiques des acteurs qui ont eu à les mettre en œuvre.

Cette contribution propose de mobiliser, face aux transformations récentes du marché du travail et du marché de la formation continue en France, les outils et les orientations des « marchés transitionnels du travail » (MTT), perspective systémique et dynamique centrée sur les mobilités choisies ou subies au sein de l’emploi et autour de lui. Dans une première partie théorique, elle montre la pertinence de ce regard construit au début du XXIe siècle, mais aussi les points sur lesquels il est utile de l’actualiser. Dans une seconde partie, le regard « transitionnel » est appliqué aux principaux acquis des évolutions et transformations récentes des systèmes d’emploi et de formation, puis aux difficultés qui continuent à frapper les moins favorisés des travailleurs et travailleuses.

Institution construite sur la norme salariale, la formation professionnelle a laissé de côté des publics nombreux dans les zones grises du travail et de l’emploi. Depuis une dizaine d’années, les pouvoirs publics déploient des moyens significatifs, avec un succès inégal, pour ouvrir à ces publics délaissés, qu’ils soient jeunes, indépendants, chômeurs ou travailleurs précaires, un meilleur accès à la formation. L’usage du numérique crée aussi des possibilités nouvelles pour toucher des publics peu disponibles ou peu familiers de la formation, sans garantir pour autant la qualité de l’apprentissage.

Le Plan d’investissement dans les compétences vise à « édifier une société de compétence » en investissant dans la formation professionnelle et l’accompagnement de deux millions de personnes peu ou pas qualifiées, attaquant de front cette gageure : faire de la formation un droit ouvert à tous, tout au long de la vie, et particulièrement aux actifs cumulant les difficultés. Après avoir rappelé les grandes lignes et les modalités concrètes de déploiement du Plan et explicité les enjeux auxquels il s’attaque, cet article s’arrête sur un programme symptomatique de cette ambition : « 100 % inclusion, la fabrique de la remobilisation ». Ce programme ouvre un champ d’expérimentation inédit, amenant à assumer, dans le cadre de parcours intégrés (« du repérage à l’emploi »), une porosité entre actions d’accompagnement et de formation et à revisiter, par là même, les contours de situations d’apprentissages adaptées aux plus vulnérables.

L’article est basé sur une évaluation du programme Prépa compétences mené dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC). À l’instar d’autres dispositifs préparatoires, il s’agit d’un sas basé sur un accompagnement individuel fort, à partir ici d’ateliers de « réentraînement » et de mises en situation dans des centres de formation ou en stage en entreprise. Son évaluation permet d’interroger les fondements du paradigme du Plan d’investissement dans les compétences, visant à aller vers certains publics cibles pour développer leurs chances et capacités d’accès à la formation.

L’objectif de cet article est de démontrer que les transformations observables depuis quelques années dans la formation professionnelle continue s’observent également dans la formation professionnelle initiale. Pour cela, il cherche à voir quelles sont les évolutions, en matière de paradigme de la formation professionnelle et de rapport de force entre l’État et les entreprises, qui ont motivé l’arrivée du tout nouveau BTS « management en hôtellerie-restauration » à la rentrée 2018.

S’appuyant sur l’analyse d’un corpus documentaire, cet article propose de retracer la construction d’une politique d’orientation continue. Il montre que le paradigme de l’activation qui domine aujourd’hui les politiques publiques, notamment à destination de publics aux marges du salariat, a été en partie élaboré au sein de la politique d’orientation professionnelle, à une époque où celle-ci cherchait à prévenir la déstabilisation des salariés. Dès lors, il s’agit de faire le récit de cette discrète mais efficace évolution paradigmatique.

Les salariés des petites entreprises accèdent insuffisamment à la formation et à ses financements ; ils constituent à ce titre un public prioritaire de la loi du 5 septembre 2018. Quel que soit leur secteur, des dirigeants et salariés de petites entreprises enquêtés à ce sujet insistent sur les exigences d’adaptation permanente des compétences. La formation interne, le compagnonnage et les pédagogies basées sur l’expérience, l’autoformation en ligne et les échanges entre pairs y contribuent, mais le plus souvent de manière informelle. L’article analyse quatre axes d’enrichissement des politiques de formation en direction des petites entreprises, à partir des avancées de la réforme de 2018/2019.

Le Groupement d’employeurs agricoles de la Somme a construit, entre 2020 et 2022, un processus global et partenarial pour faciliter l’accès et le maintien dans l’emploi agricole des demandeurs d’emploi. Cet acteur central de gestion territoriale des emplois et des compétences s’est comporté en « ensemblier » animant une coopération entre les différents acteurs de l’accueil, information, orientation, formation, les exploitants agricoles et les organisations professionnelles. L’équipe d’animation s’est appuyée sur la médiation active et la formation en situation de travail qui, en modifiant les représentations sur le travail, ont permis la construction collective et la consolidation de cent-cinquante projets d’emploi.

Recteur de l’académie de Strasbourg, ancien administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers, Olivier Faron dresse un diagnostic complet de la formation professionnelle à partir de ses principales transformations paradigmatiques. Ces dernières touchent à la fois au cœur de sa philosophie politique, à ses acteurs, ses dispositifs, son ingénierie, ses contenus, usages et modes de transmission. Cette redéfinition en profondeur du système pousse alors à une plus grande vigilance en termes d’accès et de qualité d’accompagnement pour toutes et tous, notamment les plus fragiles.

Les intermittents du spectacle sont caractérisés par une forte autonomie dans leur relation à l’emploi et à la formation. Depuis les années 1970, l’AFDAS a développé une expertise de l’accompagnement de ces publics situés aux marges du salariat traditionnel. Peut-on en tirer des enseignements pour l’ensemble des salariés dans le cadre législatif actuel de la loi française « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » ? Son directeur en est convaincu. Il y a bien un point de rencontre entre les pratiques des intermittents et la philosophie actuelle du système de formation. L’émancipation en matière de choix de formation serait bénéfique à l’ensemble des salariés, à condition toutefois de renforcer prioritairement leurs capabilités, à condition aussi que cette émancipation s’accorde avec un certain niveau de prescription stratégique dans le cadre d’un dialogue équilibré sur la formation. Les entreprises et les branches professionnelles ont toujours un rôle-clé à jouer en matière de prospective de l’emploi et de définition des politiques de formation.

La région Bretagne travaille depuis plusieurs années en direction des publics en difficulté d’insertion pour les aider à se former puis à réintégrer le marché du travail. La volonté de mettre en place des parcours de formation intégrés, depuis la mobilisation de ces publics jusqu’à leur emploi, en passant par des actions de formation, a précédé la mise en place du Plan d’investissement dans les compétences (PIC). Celui-ci a permis d’innover encore davantage dans la voie déjà suivie : de nouvelles prestations ont vu le jour pour fluidifier les parcours, des freins financiers à l’entrée en formation ont été levés. Les prestataires de formation ont également bénéficié d’un soutien financier et d’un accompagnement pour les aider à transformer leurs pratiques, rendre les formations plus flexibles et mieux ajuster aux attentes des publics. Le directeur de la formation estime que le couple État/région a bien fonctionné même si parfois la démultiplication des programmes tend à générer quelques tensions entre acteurs locaux.

Depuis plusieurs décennies les professionnels de l’orientation sont attendus sur l’autonomisation des personnes. Il s’agit d’accompagner à l’acquisition des compétences à s’orienter. Mais tous les rapports sur les services d’orientation en France font le même constat d’échec. L’article confirme ce constat avec des données quantitatives. L’auteur propose de recourir aux outils de la didactique professionnelle pour identifier les compétences et créer des situations d’apprentissage. Il repère quatre volets dans le concept de compétences à s’orienter afin de mieux l’appréhender et le distinguer du cheminement réflexif nécessaire à la prise de décision de carrière (rubrique « Regard »).

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