2026-2
Intervenir en contexte de transition écologique.
Pratiques d’intervention et approches territoriales
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
Un enjeu majeur de transformation de notre société et de nos milieux professionnels touche à ce que l’on peut appeler la « crise écologique », bien que les mots pour désigner ce phénomène fassent l’objet de controverses. Qu’on l’aborde par ses causes – surexploitation des ressources naturelles, artificialisation, émission de polluants – ou par ses effets – changement climatique, dérégulation de la biodiversité, migrations, inégalités sociales) –, il s’agit d’une profonde interpellation de l’agir humain, des activités productives, autrement dit de l’activité, et plus précisément du travail, comme régime de mobilisation de l’activité humaine dans une finalité productive. Plusieurs axes de questionnement ont guidé la construction de ce dossier d’Éducation permanente : l’évolution des objets de l’intervention ; la définition du périmètre de l’intervention ; les différents milieux d’activité ; le rapport entre les savoirs, l’action et le rôle de l’intervenant.
Cet article rend compte d’une action-recherche portant sur la gestion collective de l’eau dans deux territoires ruraux de l’ouest de la France. Face à la raréfaction de la ressource, les tensions entre usages agricoles, environnementaux et domestiques s’intensifient, révélant les limites des dispositifs institutionnels de gouvernance existants. La complexité du terrain – enchevêtrement territorial, pluralité des acteurs et des référentiels – désoriente l’intervenant sociologue et l’oblige à « réensauvager » sa pratique. L’article plaide pour une posture renouvelée, fondée sur l’écoute, et la mise en dialogue comme levier de construction d’une gestion en commun de l’eau.
La crise écologique vient questionner l’agir humain, souvent sous la forme d’injonctions que le sujet peine à s’approprier dans un contexte social situé, lui-même porteur de nombreuses prescriptions. Une action-recherche menée auprès de dirigeants associatifs, dans le cadre d’un dispositif interinstitutionnel, fonde la base de cette réflexion sur la manière dont le travail des dirigeants est rejoint par cet enjeu social et existentiel. À partir de deux récits de dirigeants, les auteurs analysent le passage d’une polysémie désincarnée à un processus « sensible et sensé d’élaboration » au sein des groupes accompagnés, permettant d’avancer l’idée que l’engagement pour les enjeux écologiques et sociaux de notre temps ne peut être dissocié d’un travail réflexif sur l’activité et sa dimension subjectivante. Face aux empêchements rencontrés, deux perspectives de dégagement sont ensuite proposées.
La transition agro-écologique, l’une de celles auxquelles l’humanité est appelée, peut difficilement s’imaginer sans une transition sociétale modifiant profondément les relations sociales mais aussi l’entrée dans le jeu social d’entités nouvelles. Le théâtre-forum est justement une pratique de mise en œuvre d’intelligence collective et de conscientisation. Après un rappel de ses fondements et de sa méthode, un cas vécu par l’un des auteurs permet de montrer comment se découvrent, par le jeu partagé, des rapports divers à une même question mais surtout offre l’expérience de la venue de la Nature dans un cénacle humain, ce qui rejoint, par le sensible, les tentatives actuelles pour doter d’un statut juridique des forêts, des rivières…
Cet article explore une expérimentation menée dans une société d’insertion par l’activité économique pour repenser l’évaluation du travail. Face aux limites des indicateurs chiffrés, le projet articule l’économie de la fonctionnalité et de la coopération avec la critique littéraire pour envisager la valeur comme une production de sens par une communauté d’interprétation. Quatre por-traits d’anciens salariés, issus d’entretiens re-transcrits et versifiés, ont été utilisés dans les ateliers déontiques des chargées d’insertion professionnelle. Leur interprétation collective lors d’un événement a favorisé la coopération et la création d’une communauté d’action où la valeur émerge d’un processus interprétatif plutôt que d’une mesure figée. Cette intervention montre que la poésie peut agir comme un opérateur stratégique, révélant les dimensions politique et subjective du travail et contribuant à « saluer la naissance du travail nouveau » dans les pratiques concrètes de l’économie servicielle.
Sous la forme d’un entretien avec la déléguée générale de l’association Arts vivants arts durables, cet article analyse la forme particulière d’accompagnement du secteur culturel à la transition écologique mise en place par la structure, depuis 2020. Il montre une professionnalisation de l’équipe fondée sur l’attention fine portée au travail des acteurs du secteur et le développement d’un point de vue qui assume la complexité du réel. Ce parcours donne à voir la place singulière d’intervention que peut prendre une structure d’intermédiation, dans le cadre d’une action qui vise à transformer des pratiques collectives, à condition de reconnaître l’inutilité d’objectifs fixés abstraitement par avance, et de s’appliquer à repérer les éléments transformatifs dans les trajectoires, pour mieux les soutenir..
À travers l’évolution de ses pratiques de prévention, la MSA cherche à répondre à une transformation profonde du travail agricole. Les interventions en santé-sécurité au travail montrent que les difficultés rencontrées par les agriculteurs sont liées à des arbitrages permanents entre performance économique, exigences environnementales, contraintes réglementaires et attentes sociales. L’article met en lumière l’intérêt d’une approche centrée sur l’analyse du travail réel pour comprendre ces tensions et accompagner les capacités d’adaptation des professionnels. Cette orientation amène les services SST à développer de nouvelles compétences d’intervention, de formation et de coopération afin de mieux prendre en compte la complexité des transitions agricoles contemporaines.
L’article aborde les contradictions qui sous-tendent l’idée de transition, envisagée comme référentiels qui mettent en œuvre structurant des politiques publiques. Les propos prennent appui sur une recherche étudiant la mise en œuvre du cadre référentiel du développement durable, dans la filiation duquel s’inscrit la transition et ses déclinaisons. La mise en œuvre de démarches participatives au sein des territoires de vie donne à voir la construction et la circulation du savoir environnemental. Cette dialogique du savoir produit des énoncés socio-écologiques qui manifestent certaines contradictions dans les modes de régulation des pratiques et de reproduction des rapports sociaux. Ces contradictions soulèvent des enjeux formatifs au cours de l’expérience vécue et éclairent ceux qui se trouvent associés au référentiel émergent de la transition.
L’article analyse empiriquement le couplage entre formation des agents publics et transformation organisationnelle dans le cadre du programme ITEEnéraire, dédié à la transition écologique. Inscrit dans la littérature sur le changement multiniveau, il met en évidence les interactions des changements individuels avec les changements organisationnels. Il montre que ce lien n’est ni automatique ni linéaire, mais repose sur des mécanismes spécifiques, souvent situés. Trois leviers sont identifiés : l’implication des agents dans la conception des formations ; la requalification de la transition écologique en enjeu de compétences ; l’hybridation avec des dynamiques existantes.
Cet article propose de saisir la transition écologique à partir d’une double focale : la coopération interprofessionnelle et l’évaluation de la valeur créée par les dépenses évitées. À partir du cas d’une unité interdisciplinaire d’un service public départemental de rénovation de l’habitat, il montre que l’efficacité de l’action ne peut être réduite ni aux volumes de travaux engagés ni aux indicateurs de performance usuels. Elle repose sur une coopération située entre métiers hétérogènes, permettant d’ajuster les interventions à la complexité des situations et de prévenir des coûts sociaux, techniques et humains ultérieurs. L’analyse conduit ainsi à déplacer le regard, d’une logique de résultats immédiats vers une approche servicielle attentive aux effets utiles, aux interdépendances professionnelles et aux formes invisibilisées de valeur publique.
Le programme Coop’ter, conçu et copiloté par ATEMIS et l’ADEME, vise à mobiliser l’approche servicielle de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération dans une vingtaine de bassins de vie en France. Le programme permet à des acteurs engagés dans une transition économique à l’échelle de leur territoire d’être accompagnés par un binôme de professionnels. L’article revient sur les enjeux et les modalités de constitution de la communauté des accompagnateurs, à partir d’une attention aux nécessaires déplacements professionnels occasionnés par leur intégration dans le programme. Formation, mise en place de dispositifs réflexifs, mais aussi recherche de résonance entre les transformations promues et celles de leur propre modèle économique ont fait émerger une démarche formative renouvelée, inscrite dans la durée et dans des cadres collectifs, faisant de la réflexivité une modalité centrale de l’évolution des pratiques professionnelles.
À Saint-Nazaire, la coopérative Baobab démarre en 2019, initiative d’individus en quête de réponses pragmatiques à des enjeux sociaux et environnementaux. Son développement par étapes a permis de murir une offre d’accompagnement d’initiatives citoyennes complexes par nature. En effet, elles encastrent les intérêts, motivations et connaissances d’acteurs représentant une grande diversité professionnelle et sociale et répondent à des enjeux multiples et interreliés. L’activité de Baobab, soutenue par le référentiel de l’« économie de la fonctionnalité et de la coopération » et le concept de « coopérative de transition écologique » a révélé le besoin de développer des compétences fines, afin de naviguer dans cette complexité, de maîtriser les récits qui illustrent les trajectoires ou encore de rendre intelligible à un auditoire disparate ces moyens d’actions adaptés à cette complexité.
À partir d’une comparaison de deux dispositifs d’intervention menés auprès de populations sinistrées par des catastrophes minières au Brésil, l’article analyse les conditions de transformation des savoirs, des pratiques et des cadres de référence dans les processus de réparation. Au-delà de la compensation des dommages, les dispositifs d’accompagnement peuvent devenir des espaces d’apprentissage collectif ouvrant des trajectoires de développement post-extractiviste.
L’article analyse les interventions ergonomiques auprès des récupérateurs de déchets recyclables (catadores) au Brésil. Face à la transition socio-écologique, le positionnement méthodologique passe d’une posture technique à une appro-che clinique et dialogique, centrée sur l’activité réelle et les expériences des catadores. L’étude montre les limites d’un modèle productiviste et souligne l’importance d’élargir le périmètre d’intervention aux enjeux institutionnels et territoriaux, où la valorisation des externalités, la coopération et le développement de nouveaux savoirs apparaissent essentiels pour dépasser la précarité et soutenir une transition durable.
Le potentiel de l’IA sur les systèmes de formation n’est pas mesurable mais, tous les jours, on en apprend davantage sur l’incapacité des concepteurs de l’IA à maîtriser leur « création ». Sous l’angle du système éducatif et davantage encore sous l’angle du monde du travail, les innovations technologiques ne contribuent au progrès qu’en synergie avec les innovations sociales dont la démocratie fait partie. Or la façon dont l’IA progresse peut aboutir à l’amplification d’une modernisation technique mal maîtrisée par nos démocraties. Il est donc crucial d’identifier les deux impasses dans lesquelles les acteurs du système de formation risquent d’entraîner la communauté des formateurs en donnant à l’IA des vertus pédagogiques intrinsèques (comme cela a été le cas pour le numérique) et en relayant un usage strictement productiviste de l’IA dans les systèmes de travail. (rubrique « Focus »).
En France, les discriminations en santé envers les populations issues de l’immigration sont prouvées. Approfondissant le développement des compétences interculturelles dans le domaine du soin en démontrant leurs limites, l’humilité culturelle engage le professionnel dans une approche autocritique, réflexive de ses pratiques face à des rapports soignants-soignés asymétriques. Son émergence en formation en santé apparaît comme un outil de réflexion éthique majeur. (rubrique « Varia »).
2026-2
Intervenir en contexte de transition écologique.
Pratiques d’intervention et approches territoriales
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
2026-1
Former les moins qualifiés.
Les constats ambivalents du PIC
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
2025-4
Questions en revue : compétence, réflexivité, professionnalisation
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
2025-3
Faire de la didactique professionnelle aujourd’hui
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
Les « publics » en formation :
de qui parle-t-on ?
13,00 € – 15,00 €Plage de prix : 13,00 € à 15,00 €
2025-2
Les effets transformatifs des recherches participatives
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
Former des professionnels citoyens
grâce à l’apprentissage.
14,00 €
2024-4
Les formations en santé.
21,50 € – 23,00 €Plage de prix : 21,50 € à 23,00 €
2022-4
Formation, coopération, émancipation. Expériences en économie sociale et solidaire
18,00 €
2021-3
Didactique professionnelle et didactiques des disciplines. Filiations et ruptures
18,00 €
2019 HS AFPA
Partir des compétences transversales pour lire autrement le travail
12,00 €
2018 HS AFPA
Le conseil en évolution professionnelle : rupture ou continuité ?
12,00 €
2015 HS AFPA
Quelles pratiques pédagogiques dans l’accompagnement des publics peu qualifiés ?
12,00 €